21.4.08

rorschach


Les murs de ma chambre ont une ombre sans cesse différente, une hauteur et un poids toujours mouvants selon les heures du jour. A chaque fois que j'y reviens, que je les prends en photo, l'image me fait voir un aspect d'eux plus inconnu encore, qui me force à y retourner, bientôt. Un rorschach à l'envers, peut-être : quand je crois saisir la raison qui m'y porte, c'est autre chose qui apparaît, et m'oblige. Je plonge mes mains dans l'eau claire, et c'est de la vase que je retire - qui brouille mon reflet avant de le recomposer, lentement, étrangement.

4 commentaires:

DANIELE MOMONT a dit…

« Il y a des ombres inconnues, de secrètes respirations.
La vie à cette heure-là. »
(R. Pinget, Taches d'encre)
J'ai donc plongé dans votre travail.
Une nourriture, un matériau, un combustible.
La voix qui s'en dégage, sa profondeur autant que sa tenue.
La juste place depuis laquelle « cela » émet.
Mille raisons me ramèneront chez vous.

brigetoun a dit…

le ombres sont fugaces et sans danger.Les murs de ma chambre parisienne avaient des taches que je contemplais lentement et qui me racontaient des histoires renouvelées mais de plus en plus sombres et je les ai quittés lachement avant d'être totalement anéanrie

Arnaud Maïsetti a dit…

@daniele : «Les vivants ne sont pas des ombres. Ce sont peut-être des morts enveloppés de vêtements et qui brillent.» Pascal Quignard.
Merci de votre lecture...

@Brigetoun : j'ai au dessus du bureau , cette reproduction d'une "estampe" de Michaux, ces taches immobile et mouvante qui se fixe et se déplace quand on les observe - racontent toutes une histoire qui ne meurent jamais totalement.

A.D a dit…

J'ai eu ce genre de murs, très rapprochés. 4 écrans granuleux (avec une vibration de fourmilière blanche à force de les fixer) sur lesquels je lisais bien ce que je pouvais.