20.5.08

"pas seulement interlope"


dans la gare de Aulnay, telle que je la vois d'ici, derrière la fenêtre du rer, c'est-à-dire pendant quelques dizaines de secondes, les kiosques fermés comme depuis peut-être dix ans ou deux heures, les maisons alignées en désordre et déposées juste sous le ciel bas, les types qui restent sur les bancs du quai toute la journée à attendre un train plus vide qu'un autre, les sigles sur le mur en forme d'insultes illisibles et recouvertes par d'autres, plus illisibles encore, le temps tel qu'il ne passe pas entre le matin et le soir, dans les heures creusées par l'ennui d'une après-midi sous une pluie imminente et qui trempe de fatigue avant même de tomber. La gare d'Aulnay, comme une autre - son inutilité atroce, sa nécessité évidente.

3 commentaires:

Prax a dit…

Une pluie qui fatigue l'évidence.

brigetoun a dit…

et le petit mal au coeur que l'on a sur le quai

Arnaud Maïsetti a dit…

@l'évidence nous tombe toujours dessus comme l'orage : soudainement, et jamais au bon moment.

@brigetoun : la nausée quand on descend, le serrement de coeur quand on monte.