27.5.08

déchirer

d'un bout à l'autre de la place le bruit d'abord lointain longtemps après l'éclair, mais qui roule plus sourdement et plus souterrainement qu'au cœur de la ville parce qu'il a bien plus d'espace ici - et puis, le bruit qui se fait plus déchirant, jusqu'à suivre de plus près l'éclair, jusqu'à le succéder de quelques secondes, jusqu'à lui répondre du tac au tac, jusqu'à se surimprimer à lui, jusqu'à devenir contemporain de la lumière - et puis, le bruit qui précède l'éclair.

4 commentaires:

Prax a dit…

Le bruit qui précède l'éclair : il doit s'agir d'une licence poétique sans lien avec la physique ;-)

Arnaud Maïsetti a dit…

Et pourtant...
Place du panthéon, hier soir, vers 11h. C'était "frappant".

brigetoun a dit…

est-ce parce que je suis à la limite de notre presque petite ville que je l'entend aussi nettement tourner, et qu'il finit toujours par me faire croire qu"il choisit d'éclater dans ma cour, ou à coté, derrière les remparts

Anonyme a dit…

Le bruit et l'éclair, le bruit ou l'éclair, avant,après,pendant, comme une métaphore vivante et animale, entre la poule et l'oeuf, entre chien et loup, quand la lumière fait corps, ranime les ombres des jours heureux, au temps des rires, des jeux de balle partagés par deux coeurs jumeaux, deux âmes-soeurs, deux "Marcel" en fusion qui ont écrit dans leurs veines transalpines, en lettres de feu, un roman d'amitié éternelle dans un quartier rouge de la ville, quand le bruit des crampons dansait sous l'éclair des bravos. Et des mercis. Pour toujours. Et dans leurs sillons, la fulgurance d'héritiers lumineux, entre beauté et talent comme cette plume insensée, "seule comme on ne peut pas le dire". Même par "anticipations", "où que je sois encore", les Marcel s'amuseront à l'entrée de l'immeuble de leur vie. Dans le bruit et la lumière. Unis à jamais.