30.5.08

se débattre

avec l'attente avec le dégoût avec le vent avec la blancheur des murs avec la pesanteur de soi avec le retard avec l'imminence avec les chiens avec ceux qui les traînent et ceux qui les nourrissent avec l'emploi du temps avec la minceur du désir et l'épaisseur des livres avec la nudité de la peau avec la profondeur du soir et la lenteur du jour avec la simplicité des rois la diffusion du sang la destruction des abris le silence gorgé d'habitude et la soif entravée dans la bouche qui tait et renonce avec les forces qu'il nous reste se débattre avec les forces qu'il nous reste combattre avec les forces qu'il nous reste

7 commentaires:

Prax a dit…

Les ressources infinies des combats infinis.

DANIELE MOMONT a dit…

Deux pensées viennent à vous lire :
- le débat majeur, celui contre l'à quoi bon - dont Roubaud rapporte dans l'une des branches de son Projet que son frère, lui, ne s'en releva pas.
- une phrase épatante de la notice biographique de Nathalie Quintane :
« Je ne suis pas nombreuse, mais je suis décidée. »

Anonyme a dit…

et quand je n'y vois plus c'est mon chien qui me traine, force tranquille dans l' intranquillité de la nuit, se débattre n'est pas combattre, mais juste un cri, faut il avoir de bons poumons sous la peau quand nos yeux sont décoiffés? L'anonymat est injuste et au milieu des autres anonymes, je signerai sans images d'emprunt.
CT.

Arnaud Maïsetti a dit…

@prax : à la portée des caniches ?

@d.momont : combattre est intransitif.

@ct : foule nombreuse et semblable à la traverser, et quand on veut la nommer, foule qui se dérobe, qui s'anonyme elle aussi (mais quel anonyme êtes vous ?)

CT a dit…

voilà,j' espère pouvoir un jour exister, en anonyme nommée. CT

Arnaud Maïsetti a dit…

contre-calque - vide ?

CT a dit…

tout dépend du temps qu'il faut pour remplir le vide
CT