21.5.08

soluble


C'est une vague qui mange seconde après seconde les dernières forces vives du siècle, et ne pas jeter en arrière un regard nostalgique (non), mais quand même à y penser, fermer les yeux et s'efforcer de fixer un prix aux raisons d'être, à la colère, à l'épuisement - prix d'autres épuisements, et d'autres colères sans doute. C'est une vague qui recouvre tout sur son passage : ce n'est pas vraiment le temps, ce serait plutôt son armée de mercenaires qu'il traîne avec lui, terre brûlée comme seule politique quand bien même sa prétention à la sauvegarde, à la mise sous scellés de ce qui échappe, de ce qui remue la vie avec lui, de ce qui emporte l'essentiel dans le nécessaire ; mais ici : souvenirs réduits à de la momification. Une seule manière de refuser à la fois le culte du souvenir et l'arrogance du déni : n'achetez rien, dispersez tout.

6 commentaires:

Marion a dit…

les vagues vont et viennent, lames de fond de tes pensées.
"n'achetez rien, dispersez tout".
je chéris cette dispersion, cet évanouissement du tout
et finalement, le rien se matérialise, prend de la place, envahit, le tout refusé. Le rien devient palpable
L'absence, de nous, est une présence malmenée. (dispersion d'a.)

Prax a dit…

Entre le culte momifiant du souvenir et l'arrogance puérile du déni, je me demande s'il y a encore une place pour la psychanalyse ;-)

Arnaud Maïsetti a dit…

@marion - malmenée, c'est déjà un début (présence qui ne cesse pas de se dérober)

@prax - non, mais ça laisse plus de terrain à la schizo-analyse...

Marion a dit…

le début; quel début ?
celui de la fin d'une présence ?
ou celle d'une présence à venir...

Arnaud Maïsetti a dit…

la fin d'une présence est toujours celle du début d'une autre (non ?) - c'est même à cela qu'on en reconnaît le terme... (je crois...)

Marion a dit…

je ne sais plus.
les presences superposees les unes aux autres, les absences a soi, a eux, les absences prolongees. il y a des absences a nos presences. dans les presences, des absences.
rien ou le rien, seul.