12.6.08

aller retour

c'est d'abord la densité du temps et des choses, et puis tout de suite après, comme pour la souligner, la nommer : les affiches partout, où que l'oeil se pose. On avait oublié. On se se réhabitue très vite. La chaleur moite et enveloppée du métro, la vitesse des gestes, leur précipitation sèche et mécanique ; c'est ensuite, une fois assis, l'ordre des choses qui recommence : dans les tunnels, c'est le réglage de la mire sur l'instant qui arrive. Se lever quand le métro ralentit (les mouvements viennent seuls, moins des réflexes que de véritables prolongements du corps dans le métro), se tenir à la barre, prévoir la seconde qui précède le basculement lourd de la machine sur elle même, anticiper l'ouverture de la porte, se poser face à elle comme pour prévenir le wagon que c'est ici qu'on descend, sortir, se délester de ces présences autour de soi, ces regards non adressés mais posés à deux mètres de moi sur les mêmes parois, ces types et ces femmes qui ne partagent que leur indifférence ; monter les escaliers, traîner la valise, et respirer Paris comme une fleur coupée qui ne fanerait jamais ; pousser la porte de la chambre et laisser s'échapper cet air âpre et enfermé ; ouvrir en grand la fenêtre, les bruits du dehors montent seuls, ce sont les mêmes - ils m'ont attendu.

2 commentaires:

Prax a dit…

Et tu leur as manqué, si, si.

brigetoun a dit…

ça a été en deux passages dans ma ville exclusivement ou presque cela :la montre et ce que la vie de la ville vous flanque dans les pattes pour vous retarder -
et regarder les gens pour désamorcer le stress