30.6.08

fixer les vertiges

ici ou , ou , ou , ou


De combien on dispose
de mots pour trouver le monde. Aléatoire fixe et mouvant. De combien de mots finis - le réservoir fini de mots où nous puisons pour le nommer. De combien. Vaines les récurrences - tourner autour de la même réalité et ne faire qu'un seul geste : celui qui dessine le contour ; ne perce jamais assez loin les évidences. Tourner autour des mêmes contours. Quand on cherche au dedans de soi, c'est toujours le même geste - et toujours la même remontée - mais les déplacements infimes qui s'opèrent à chaque fois redisposent les cartes. A partir du réservoir fini de mots (écrire à partir de notre propre impuissance à "cristaliser inconsciemment, le point rompu de l'automatisme à quelque degré que ce soit" [Artaud]) - c'est l'agencement toujours nouveau (dépendant de l'expérience toujours renouvelée du monde) qui réoriente les perspectives, modifie les perceptions, réamorce la plongée prochaine.

Les mêmes mots donc. Et toutes les possibilités entre.

Mais ce qui surtout s'impose au devant de tous les autres mots - la négation de quelque chose comme une clé au dessus de la portée (et quand bien même on cherche parfois à donner conseil pour l'éviter (afin de mieux tordre la phrase dans le sens du vent ?) - mais le vent ne se laisse pas faire) - refus de quelque chose qui s'imposerait, de l'habitude positivement alignée devant soi qu'il s'agirait d'embrasser, refus de la surface et refus de la profondeur ; définir par la négative ce qui résiste - il n'y a pas de monde qui ne se dise en dehors d'un refus qui pourrait le nommer en retour. Combien de mots je dispose pour dire le refus du monde. Combien d'autres en retour le refus me donnera-t-il pour l'inventer, encore.

2 commentaires:

brigetoun a dit…

amusant mais je n'ai pas assez de mots

Prax a dit…

Cela me parle bien, je me demande si je dispose d'un fond suffisant pour exclure les formes négatives. C'est une bonne discipline de l'esprit.