15.6.08

mise en demeure

Sans appareil photo - la ville semble moins prête, moins épaisse, plus évidente. On marche sans chercher, et on ne trouve pas grand chose d'autre que l'hébétude dérisoire d'une direction sans accident ni rencontre, ni lumière ni projection. Le déroulement attendu des faits et des rues. On n'attend rien. Et rien n'arrive. Demain, refaire le tour du quartier appareil en mains, et se sentir au contraire comme en état de provoquer l'instant. Que le monde réponde ; mise en demeure des éclats brisés contre les habitudes - qu'ils s'impriment sur l'objectif. On verra bien. Mais je redoute un peu - je ne sais pas. Peut-être que je ne trouverai que la même ville, la même évidence plate et sans aspérités que déroule les façades, mutisme ordonné et négligé. Je ne sais pas. Peut-être. Parce qu'à trop vouloir convoquer la lumière, espérer qu'elle éclaire, il m'arrive bien souvent de ne recevoir que des ombres - qui s'effritent sous mes pas.
"Le tu est la lumière du dit." (Beckett)

4 commentaires:

brigetoun a dit…

au début pour moi une excuse pour s'arrêter quand j'avais mal - maintenant un pousse-à-voir
"le tu est la lumière du dit" que nous manque-t-il en ce moment ? le dit ?

Prax a dit…

Convoquer la lumière est une saine injonction.

CT a dit…

toujours le "on" qui prend de la distance, puis l'infinitif, enfin lorsque vous êtes "je" vous ne savez plus.CT

Arnaud Maïsetti a dit…

@brigtoun - "un pousse à voir" : exactement ! et pour le reste - en ce moment, ce serait plutôt le silence qui manque à notre désir

@prax - j'avais lu vaine (est-ce différent ?)

@ct - "cherchant, cherchant et cherchant, c’est dans tout indifféremment que j’ai chance de trouver ce que je cherche puisque ce que je cherche je ne le sais" (michaux)