4.8.08

la proie et l'ombre


Le ciel n'est pas assez chargé - les nuages passent et s'effacent si vite qu'impossible de faire le point, les variations de lumière estompent aussitôt qu'elles les laissent voir les contours des objets ; le grain de peau du jour m'échappe. Je reste là un moment, puis renonce. Je me résout à partir. Sur le banc devant moi, il y a ce type parti lui aussi à l'instant, qui aura auparavant posé devant lui une chaise vide, et qui lui adressera la parole de temps en temps, en silence, les lèvres remuées seulement pour mimer la voix, mais sans sortir un son : pour peupler l'attente et la combler du mutisme qui la décrit autant qu'il l'annule - lâcher la proie pour l'ombre. Quand je partirai, la lumière sera parfaite, l'éclat droit du jour retombé avec justesse sur le parc, étalant partout sans l'accabler sa régularité et sa précision. Quand je serai parti, peut-être que j'entendrais le type me parler, peut-être que je pourrais lui répondre.

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