7.8.08

ligne de partage

Sur le sol, la ligne de partage délimite deux moments plus que deux espaces - on croise son ombre portée du soir, on franchit d'un bond sa silhouette effilée du matin : on piétine sans la voir, sa propre image détestée. Dans l'air, ces deux moments s'échangent et semblent se confondre. Le soleil se couche et se lève dans la même lumière, cette même torpeur sèche. Mais sur le sol, ça ne me trompe pas. Quand je lève les yeux, ce n'est pas la lumière que je vois, mais l'effacement des immeubles, à ma droite, à ma gauche - et au devant de moi, la piste qui s'ouvre, la ligne droite de l'ombre qui dessine un trajet vers moi (ou peut-être qui part de moi et s'en éloigne). Sur le sol, la ligne de partage délimite deux réponses possibles. Je sais bien que l'une n'est que le moment de l'autre. Alors, je me retourne.

2 commentaires:

brigetoun a dit…

je pensais à une rue en pente vers la mer au Mourillon (devant une photo) et à l'odeur de poussière du trottoir au soleil
il n'y a pas que le coté qui change, la période de lumière douce et indécise me semble plus courte le matin (effet de ma paresse ?)

Arnaud Maïsetti a dit…

ou effet de la lourdeur plus sensible le matin - la paresse du jour, aussi.