29.8.08

semer


On croit s'être perdu, on croit prolonger la perte dans l'oubli de la perte même, mais c'est alors qu'on la prolonge. Alors, on croit ne plus savoir si l'oubli n'a pas fait exister l'idée de la perte - et si en prolongeant la fuite, on ne prolongerait pas plutôt l'illusion de la perte oubliée. Cependant quand on reprend pied, ici et maintenant sont exacts au rendez-vous, ni différents ni opaques, avec l'évidence de l'air qu'on respire, partout là - toujours et encore sans cesse là. Fermer les yeux ne change rien. Retenir sa respiration non plus. Les fantômes qu'on aurait voulu semer nous attendent au devant de nous, au coin de la rue, ils sont patients.

4 commentaires:

Prax a dit…

un fantôme devant fait moins peur qu'une présence derrière.

Odile a dit…

Perdre son chemin sans prendre la fuite , gageure sans doute !

brigetoun a dit…

on ne peut jamais fuir - on peut regarder ailleurs, se distraire (au grand sens d'autrefois, comme en venant prendre un peu de ce que vous donnez à lire et à voir

Arnaud Maïsetti a dit…

@prax : il suffit pour se retourner pour renverser les positions - mais à qui tourner le dos ?

@odile : ça dépend à qui on la prend, la fuite.

@brigetoun : "au grand sens d'autrefois" - j'aime votre expression... (et oui : tout à fait d'accord : distrahere : tirer hors de/loin de...)