25.8.08

un orage sans pluie

On resterait là pour l'orage, on l'entendrait venir de loin alors on se tiendrait ici, et en attendant on regarderait, la teinte noircie de la plaine s'approcher jusque là, et gagner en soi-même pour devenir la peur qui nous fait regarder encore : la foudre tomber sans bruit.


La ville a l'avantage sur la plaine d'être elle même et l'ombre et son propre ciel, et le tonnerre qui va et son écho étouffé. Quand je reviens, ce n'est pas la chaleur qui diffère, mais cette impression sans nom qui rend l'orage toujours plus précis en ville, toujours là en moi quand je rentre et que je monte jusque dans ma chambre - continuer de chercher un nom à la ville qui ressemble à un orage sans pluie, sans imminence, sans accalmie.

6 commentaires:

brigetoun a dit…

ouf ! beau et belles

Prax a dit…

Ia ekhaitz, ça te dit comme nom de ville orageuse imminente ?

Arnaud Maïsetti a dit…

@brigetoun : merci, mais à vrai dire, je n'y suis encore pour rien : il n'y avait qu'à ramasser. Et comme on dit, ce n'est pas moi qui tonne.

@prax : j'aime aussi "ilhumbe" (c'est ça ?)- mais je vais continuer à chercher.

Prax a dit…

Arnaud : oui, c'est plus l'assombrissement que l'orage donc cela convient bien à ton propos.

Nicolas Bleusher a dit…

Curieusement, chez moi, c'est l'effet inverse : en ville, l'orage n'a jamais de matérialité ; il est toujours ailleurs. L'orage n'est pas assimilé, chez moi, à la cité.

Arnaud Maïsetti a dit…

@prax : il faudrait définitivement un mot pour dire l'imminence de l'assombrissement

@nicolas b : l'orage en ville semble sortir de terre (me semble) - enfin, d'ici, de cette chambre où je suis. Ailleurs, l'orage vient. L'orage arrive, il passe. Ici, l'orage gronde et frappe. Et puis s'enfonce à nouveau.