25.9.08

ce qu'on sait


On ne sait pas vraiment lequel, du soir ou du matin, remplace la journée - ce qu'on voit, c'est un peu de temps en moins, (en plus), qui se dépose ; un peu de fatigue qui déborde et qui emplit l'espace.

On ne sait pas vraiment ce qu'on va faire de cette ligne d'horizon qui recule à mesure qu'un pas après l'autre la terre sous notre ombre est laissée derrière nous : on suit la courbe comme d'un corps la trace effacée du désir - et puis, ne plus vraiment regarder que cela, la lumière qui tombe et ne s'écroule jamais.

(Passé faire les papiers hier, comme on dit : le labyrinthe incompréhensible des dossiers à remplir : on n'y comprend rien, on le fait, et alors. Quand je rentre le soir, d'autres papiers m'attendent, pour quoi. C'est un étrange rituel. L'année qui commence sous l'amas de papiers indéchiffrables. Dehors, on voit les banques qui ferment, qui perdent, des chiffres qui n'ont pas vraiment plus de sens qu'un dessin d'enfant : on se dit que tout cela fait marcher le monde droit, une faillite bien ordonnée, une crise qu'on nourrit de papier en ordre, tout va bien - la lumière continue de se répandre, c'est sur elle que je marche)

5 commentaires:

Ariane a dit…

-On se cale sur les heures pour permettre des respirations ; est ce qu'on ne respire pas sinon?
-proposition : faire les papiers en janvier, dissocier les épreuves (papiers, choix, commencement) et pour une fois commencer les choses sans défiance.

Arnaud Maïsetti a dit…

@ariane - commencer les choses sans défiance : oui, ce serait un bonne résolution.

brigetoun a dit…

moi je me bats, un peu, avec une banque, sans arriver à m'y intéresser. (c'est dérisoire à leur échelle, et même pour moi) - mais c'est parce que je suis toujours sans défiance quand il sagit de moi - bien assez usant c'était d'en avoir au nom de mes clients quand je travaillais
Alors je suis bien contente que vous nous donniez un espace photographié et quelques lignes

Prax a dit…

La trace effacée du désir est-elle toujours courbe ?

pop corn a dit…

j'ai fait des papiers un tapis, je m'absorbe parfois dans la contemplation du tapis, je vacille. un vertige. balance toujours entre tenir bon là dedans et tout lâcher, laisser partir...