17.9.08

compte


On parle longtemps - à tour de rôle longtemps, d'abord elle, puis moi - Prague a des places aux noms imprononçables où les ollies prennent du temps à s'élever, et je me dis que c'est une bonne manière de mesurer le temps qui passe, la hauteur des ollies. Elle parle aussi de ce type qui fait des tour sur lui même avec son vélo, et qu'elle ne cesse pas de filmer, encore et encore - de cette sculpture, et de ces types qui passent devant, chaque jour. Je voudrais ne pas parler, seulement l'écouter.

Je pense à la mesure du temps qui a fait œuvre cette année en moi - une semaine après l'autre, c'était. Plutôt qu'une nuit après (l'autre). Quand je l'entends, je sens l'année passer en moi comme une lettre qu'on lâche dans la boite - qui s'accroche un peu aux doigts, et qui se fait de plus en plus lourde, et qui tombe - et soudain, la lettre n'est plus là, mais en soi, le vide qu'on avait fait pour elle se remplit d'autre chose, qui est encore plus lourd.

Au dessus du petit mur de pierre qui s'était formé en moi, cette année où jamais rien ne fut plus lourd que le temps grimpé en tas (frustration des années d'étude où ne rien faire d'autre que construire un mur acceptable), perce un peu de ciel. Des nuages traversés de lumière. On peut lever encore les yeux, on sera ébloui, mais la chaleur qui se pose sur le visage est inestimable. Elle dit, ce soir où je l'écris, le temps passé - et elle dit le temps qui vient. Elle dit les autres mesures que le temps va adopter pour se compter et que j'ignore encore.

Quand elle est partie, elle avait cette démarche que possèdent celles qui ne savent pas où demain se lèvera, ni comment on pourra le mesurer, cette fois. Cette démarche que j'envie tant - la lumière rasante au dessus du mur de pierres est si lente. Je saurai voir chacune de ses variations, maintenant je saurai compter.

2 commentaires:

Alix a dit…

Jour de vie. Le ciel aux fenêtres . La vie assise . Le train qui passe... Au fond , l'immobilité des heures n'est qu'une fierté stupide... L'effeuillement d'un rêve fou...

Prax a dit…

Passer de la mesure du temps au temps de la démesure (en sautant le mur ? )