1.9.08

rentrés


c'est jour de rentrée, disent-ils - mais moi, rentré au petit matin, dans le bleu du ciel tendu jusqu'au pâle qui rend les murs de part et d'autre de la rue semblablement bleus et pâles jusqu'au gris des marées basses : et par le tremblé du jour, apercevoir un peu de l'agitation des foules : l'école en bas de la rue recommence à sonner à heures fixes les pauses et les sorties, les rires des gosses, les pleurs et les bagarres, les coups qu'on s'échange déjà pour du faux, le temps du goûter, le temps des devoirs (déjà) : ce temps de la vie en bas de ma rue qu'ils vivent comme derrière une horloge ronde rejouant à chaque heure son même recommencement. En haut de la rue, la cloche de l'église sonne quant à elle les huit heures et demie chaque matin comme à chaque jour de l'année : le temps immuable d'un temps qui ne s'arrête pas, mais fait se lever une lumière toujours changeante au dessus d'elle : heure qui n'est jamais semblable. La cloche de Bonne Nouvelle dresse au devant de moi, les couleurs du temps qui renouvellent à chaque instant la vie - et la diffèrent d'elle à chaque seconde, minutes après minutes (une année après l'autre).

Je me couche vers le matin : dernière pensée au temps mort de la vie qu'on dit active, qui bat les pulsations sèches aux tempes du vieux monde. Quand je me lèverai, il sera toujours le moment de lever les yeux au ciel, chercher quelque chose à retarder encore. Ce sera peut-être le soir, ce sera peut-être la fatigue, ou la faim, ou la colère - la gloire désuète de se tenir debout quand les autres dorment, au dedans de chez eux, blottis au chaud de septembre : juillet enterré pour de bon, et novembre qui se tient au bas de la porte, prêt à mordre déjà. Novembre en moi déjà prêt.

4 commentaires:

Alix a dit…

Et l'Automne s'arrime aux jours bleus , aux nuits pâles , c'est la règle du jeu ...Car si nous pouvons cultiver les roses de Noël , il nous est impossible de changer les saisons . Même s'il fait froid , Juillet a son prénom et Novembre n'en sait rien...

Prax a dit…

Allez, prends le train de nuit et débarque sur la côte basque à 6 heures du matin en septembre, octobre et tu verras que l'été n'est pas fini, je t'offre même le poisson grillé.

ClairObscure a dit…

le joli moi de septembre, dis donc

pop corn a dit…

les tentacules desquels on s'était un instant défait vous reprennent, j'en sais qque chose.