22.10.08

ce devenir


En s'éloignant, ce qui s'estompe, ce n'est pas derrière soi les kilomètres qui s'enfoncent dans le vide, mais c'est l'image qu'en soi-même on forme pour ce présent qui s'efface : quand on fixe la pensée sur ce qu'on devient, c'est toujours sur les cendres d'un ici et maintenant frappé d'anachronisme dans l'instant.

La centrale de Chinon derrière moi qui s'enveloppe de brume - brume elle même reposée dans le contre jour à peine levé - quand je la vois, et l'enregistre (automatiquement) : davantage qu'une image qu'on laisse derrière soi : davantage que soi-même laissé en arrière ; mais témoignage de ce devenir qui m'échappe, qui forme sur cette échappée, l'image perpétuellement levée d'une brume de soi rêvée, et dont le réveil ne viendrait jamais.

1 commentaire:

Prax a dit…

Le réveil de la centrale est-il souhaitable ?