24.10.08

entre


Dans le calme, ça s'étend dans le calme, on pourrait entendre le froissement de mes poumons contre le froid qui souffle en moi son haleine calme et lente. La ville entre par bouffée dans ma bouche. Elle a la couleur de la nuit, cette lumière artificielle qui brûle à intervalles fixes. Entre, je n'existe pas. Je me tiens, et attends qu'elle me prenne.


C'est le bruit, le bruit d'abord : celui de la vitesse, celui du vent que poursuit la vitesse des voitures et qui rend le froid plus piquant, moins invisible. Derrière le bruit, il n'y a rien qu'une trace. Toutes dessinent un plan de la ville à sens unique : d'en haut, on pourrait voir un seul trait d'ambre parcourir en une seule seconde les artères de la ville, sans s'arrêter (et reprendre). Les endroits de la ville qui ne s'allument pas n'existent plus. Je me tiens entre.


Un ralentissement soudain. Le trait cède un moment au noir d'un monde en suspens : c'est la nuit qui recouvre ce moment d'inattention. Sur le côté où je suis, prêt à traverser, je me dresse.



1 commentaire:

Prax a dit…

Progression angoissante des images et du texte.