6.11.08

en arrière

C'est une grande barrière en travers de la gorge, ; c'est une manière de parler, aussi. On lève les yeux, et c'est toujours elle qu'on voit - ce n'est pas d'hier, ce n'est pas d'aujourd'hui. Toujours elle où qu'on avance, et on trébuche ; elle encore quand on se relève et que le monde a changé. Une manière de se taire, peut-être. C'est aussi une manière de se perdre et d'enfoncer plus avant son corps sous la ville. Du passé, ce ne sont pas des images en mouvement qu'il me reste (revenir sur ses pas après deux ans, voir que rien n'a changé, et être ébranlé par le plus petit changement d'abord inaperçu et qui déséquilibre tout le reste). Mais cet arrêt des images quand j'essaie de me plonger en arrière de moi - c'est elle qui le nomme encore. Et ensuite après le noir : elle enfin - cette lente douleur dans la nuque qui me possède, qui me creuse - douleur de n'être pas ailleurs (peut-être). Mais s'en saisir quand le temps d'en parler revient, et parler de l'intérieur d'elle ; forer la plaie, qu'elle disparaisse.

2 commentaires:

Prax a dit…

"douleur de n'être pas ailleurs"
Un ailleurs sans douleur existe-t-il ?

gmc a dit…

http://fr.youtube.com/watch?v=ANReTrqaol0#