23.12.08

cairns_gracq

(Hier, relire le texte de Gracq qui m'importe le plus : un an, hier, donc - et toujours aussi vivant.

"Plus rien qu'une pensée dévorée : marchemarche !"

Pensées à ce qui n'est plus, et sera néanmoins du plus essentiel : des armes pour demain, arpenter - des instruments de mesure du temps, de la ville, des étendues inconnues de la pensée et du coeur.

Le monde ne parle pas, songea-t-il, mais, à certaines minutes, on dirait qu’une vague se soulève du dedans et vient battre tout près, éperdue, amoureuse, contre sa transparence, comme l’âme monte quelquefois au bord des lèvres.

22 décembre, et ce n'est que le lendemain qu'on se reprend à écrire les grands chemins qui mènent. On voudrait ne pas s'en tenir là : relire ne suffit pas à combler le manque, le désir. Mais sa disparition n'alourdit pas le texte, comme je le craignais, ne le fige pas dans une solennité somptuaire - au contraire, c'est curieux, de l'échappée de l'hiver, il reste quelques traces, comme celui qui aurait laissé dans sa chambre, avant de partir, un mot qu'on se surprend à lire comme dans l'attente de son retour imminent.

Il avait parfois le sentiment vif de ces joints mal étanches de sa vie où la coulée du temps un moment semblait fuir et où, rameutées l’une à l’autre par un même éclairage sans âge, le va-et-vient des seules images revenait battre comme une porte.

Pensées, donc, au marcheur, aux cairns qu'il a déposés sur sa route. Aux feuilles cassées sur son passage, et dont on ignorera si c'est cause de vent, ou d'allée, empressée d'ailleurs.)

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