25.12.08

improbable


" Va-t-on bientôt bombarder les anges ? S'ils existent, qu'ils s'attendent à être bientôt traversés de décharges, de fragments atomiques, de nocives vibrations. Il est improbable que dans l'énorme mise en train d'infimes et variées perturbations physiques, il n'y ait rien qui les gêne. Préparons-nous à entendre l'espace crier."

Michaux, Passages

À l'année qui passe, l'indifférence comme à toutes - à celle qui vient, la curiosité de voir le ciel comme ce soir brûlé par le froid. Des villes écoutent, sans s'étonner, le chaos qu'on agence au loin, et qui fait bruit de veillées d'armes : ce n'est pas une année de moins qui réduit le périmètre du monde - au contraire. Ce qu'on perd avec l'année, ce n'est ni du temps à vivre, ni des forces ; ce qu'on accumule : des traits de plus sur le visage, et du bruit de villes en amont de soi, qu'on portera plus tard sur d'autres villes avant qu'elles ne soient soufflées par le cri des anges.

3 commentaires:

Fiona a dit…

Le froid, j'y pensais en tâchant de ne plus regarder le ciel, et j'ai pensé, quel suceur de sang, ce froid, il aspire toute ma vitalité, me laissant sèche d'énergie, aspirée par le bas. Et l'année qui passe encore pendant quelques jours, à l'affiche, j'y réfléchissais aussi, je me demandais comment elle négocierait sa place parmi les autres, si elle la paierait chère, si elle craint qu'on la mette au placard, que personne plus ne pense à elle un jour. Une année, c'est si fragile. Et le froid, j'ai beau l'aimer, c'est un sale vicieux. Voilà ! Merci pour ton coup de fil...demain, samedi dans l'après-midi ?

Prax a dit…

J'en déduis : l'année de plus augmente le périmètre du monde. Et je suis en accord.

Arnaud Maïsetti a dit…

@fiona : le froid, il laisse toujours une bleuissure sur les lèvres, et on ne le ressent vraiment que lorsqu'on pénètre dans une pièce chaude. Et puis il arrive un moment où on ne sait plus si cette bleuissure n'est pas apparue parce qu'on s'est trop mordu les lèvres à attendre dans le froid celui qui restait dans la pièce chaude à nous attendre. (L'arbre reste à sa place, et l'oiseau sur la branche également : mais ce n'est pas la même, de place, en somme - et chacun avec sa bleuissure). Pensées.

@prax : le périmètre du dehors surtout - mais le périmètre du dedans ?