31.8.08
se pencher
29.8.08
semer
On croit s'être perdu, on croit prolonger la perte dans l'oubli de la perte même, mais c'est alors qu'on la prolonge. Alors, on croit ne plus savoir si l'oubli n'a pas fait exister l'idée de la perte - et si en prolongeant la fuite, on ne prolongerait pas plutôt l'illusion de la perte oubliée. Cependant quand on reprend pied, ici et maintenant sont exacts au rendez-vous, ni différents ni opaques, avec l'évidence de l'air qu'on respire, partout là - toujours et encore sans cesse là. Fermer les yeux ne change rien. Retenir sa respiration non plus. Les fantômes qu'on aurait voulu semer nous attendent au devant de nous, au coin de la rue, ils sont patients.
26.8.08
incapable de tenir
ce qu'on finit par faire à force, c'est lever des murs plus haut encore que le ciel - on s'y tient comme devant une promesse incapable de tenir : on pourrait franchir le seuil, mais c'est toujours devant qu'on mesure le mieux sa folie, sa beauté, son insolente imperméabilité à soi.
25.8.08
un orage sans pluie
On resterait là pour l'orage, on l'entendrait venir de loin alors on se tiendrait ici, et en attendant on regarderait, la teinte noircie de la plaine s'approcher jusque là, et gagner en soi-même pour devenir la peur qui nous fait regarder encore : la foudre tomber sans bruit.

La ville a l'avantage sur la plaine d'être elle même et l'ombre et son propre ciel, et le tonnerre qui va et son écho étouffé. Quand je reviens, ce n'est pas la chaleur qui diffère, mais cette impression sans nom qui rend l'orage toujours plus précis en ville, toujours là en moi quand je rentre et que je monte jusque dans ma chambre - continuer de chercher un nom à la ville qui ressemble à un orage sans pluie, sans imminence, sans accalmie.

La ville a l'avantage sur la plaine d'être elle même et l'ombre et son propre ciel, et le tonnerre qui va et son écho étouffé. Quand je reviens, ce n'est pas la chaleur qui diffère, mais cette impression sans nom qui rend l'orage toujours plus précis en ville, toujours là en moi quand je rentre et que je monte jusque dans ma chambre - continuer de chercher un nom à la ville qui ressemble à un orage sans pluie, sans imminence, sans accalmie.
17.8.08
15.8.08
images
11.8.08
il aurait fallu
10.8.08
7.8.08
ligne de partage
6.8.08
les cartes
4.8.08
la proie et l'ombre
Le ciel n'est pas assez chargé - les nuages passent et s'effacent si vite qu'impossible de faire le point, les variations de lumière estompent aussitôt qu'elles les laissent voir les contours des objets ; le grain de peau du jour m'échappe. Je reste là un moment, puis renonce. Je me résout à partir. Sur le banc devant moi, il y a ce type parti lui aussi à l'instant, qui aura auparavant posé devant lui une chaise vide, et qui lui adressera la parole de temps en temps, en silence, les lèvres remuées seulement pour mimer la voix, mais sans sortir un son : pour peupler l'attente et la combler du mutisme qui la décrit autant qu'il l'annule - lâcher la proie pour l'ombre. Quand je partirai, la lumière sera parfaite, l'éclat droit du jour retombé avec justesse sur le parc, étalant partout sans l'accabler sa régularité et sa précision. Quand je serai parti, peut-être que j'entendrais le type me parler, peut-être que je pourrais lui répondre.
2.8.08
des reflets
Du journal dont je rêve, il ne restera sans doute qu'un battement de cils, des reflets sur la vitre qui s'effacent. Une traversée du temps à la manière d'une poursuite qui ne laisserait sur la scène qu'une trace, qu'un mouvement possible. Du journal que j'écris, ne subsiste toujours que le geste qui le désire - et la ville reprend son dû dès que le premier mot posé l'évoque. Les fenêtres au dehors n'ouvrent sur rien d'autre que le vent.
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