10.1.09

Essai d'encyclopédie partielle

Ce qu'on apprend, des trajets répétés en train, c'est (dans le désordre) : la durée labile du temps et son épaisseur mouvante en fonction de la durée qu'il reste à subir ; la vitesse relative des espaces dans le défilement heurté du dehors ; la virtuosité des modulations qu'on use pour nous expliquer les retards ; la patience que possède la nausée pour croître seconde après seconde ; la hauteur des verrières au-dessus des gares qui s'offrent comme miroir de la ville qu'elles abritent ; la dilatation de la lecture : les changements qui s'opèrent sur la phrase qu'on écrit ; passé trois heures dans le train, le cap qui se traverse dans la douleur du dos, des jambes, du corps entier (et combien je n'ai plus besoin de regarder ma montre pour savoir que ce mur est franchi). Bien d'autres choses aussi, mais que je ne saisirai qu'une fois dans le train (et que je perdrai une fois sorti). Accumulation de savoirs partiels qui forment mon encyclopédie infime de voyageur sur même distance (et sans rien voir du dehors qu'une ligne droite (la même) jusqu'à l'arrivée.) : plus précieuse que ce qui s'empile en moi par ailleurs.

3 commentaires:

Prax a dit…

Il manquerait, cependant, si je peux me permettre, l'état d'esprit et l'état physique avant le départ.

Arnaud Maïsetti a dit…

oui, mais il faudrait l'écrire avant le départ. Forcément. Mais j'y songe.

alerts a dit…

aiji57
gangguo210
agenting56
baxi59
wulagui77