6.1.09

ou à-demi fermés


D'une coulée brutale de ciel dans les bronches, là, directement (ou pour mieux dire : soudainement) expirée depuis le corps jusque dans l'air (et soufflée depuis le monde autour en toutes directions), importe seulement sa verticalité : c'est une manière de qualifier l'écriture (l'activité, cette fois, et non le geste). Ce que cela implique de vertige — d'enfoncement dans le gouffre (et des connaissances qu'on en tire, seulement depuis cette douleur qui descend dans l'obscur, et qui s'éclaire à mesure depuis l'obscurité plus profonde encore de soi même inconnu quand il s'agit d'écrire). Le deuxième jet est un premier jet qui continue (encore). Qui ne cesse pas de ne pas finir, n'arrive pas. On pourrait se dire que pour chaque goutte du nuage, un flocon. Et en retour : cette injonction — chaque territoire sa page (et inversement). Mais chaque flocon porte la multitude du nuage qu'il tire vers le sol. Et chaque page multiplie les territoires où demain arpenter les pages écrites par le territoire. En somme : écrire, être soi même la coulée et ce que la coulée emporte. Quand il s'agit de se relever, le paysage autour a changé de sens, de forme. Ce que la coulée a produit, c'est le monde, non à son image, mais sous sa poussée. Ce qu'on voit : les résistances que le monde a proposé, depuis lequel recommencer à arpenter — encore.


(écho depuis le dernier des mahigan de Mahigan Lepage)

Aucun commentaire: