24.1.09

Ponts (4)


L'eau est grise et bleue, large comme un bras de mer.

Montant comme on souffle, et reflétant, sur toute la surface, toute la surface du ciel et davantage, et creusant en chacun de ses plis les possibles du monde augmentés comme en plein soleil la lumière contenant toute ombre, la mer renouvelée d'elle-même seule et traversant : formant la forme de chaque chose, et ce n'est pas de mer que l'on parle quand on parle à sa surface, une vague au milieu d'une vague, comme depuis toujours : la même ; et de quelle histoire est-elle chargée, et s'il fallait l'approcher comment la nommer autrement, comment l'appeler autrement, l'élargir finalement en bras de mer enserrant sept fois les silhouettes qu'en avant de soi on se donne pour passer.

Un rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie.

3 commentaires:

brigetoun a dit…

comment la nommer, lui et en parler alors que le temps d'y penser ou d'en approcher elle n'est plus elle

Arnaud Maïsetti a dit…

"Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;"

googler a dit…

banwangqiang
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