21.2.09

imperceptiblement

Géométrie parfaite de la relation : sur les dalles surexposées de la ville, deux droites parallèles se rejoignent à l'infini. Lumière oblique sur les corps, sépare. Croisées des rues sur la foule dessinent les pertes possibles, les malentendus nécessaires.

Ai passé une dizaine de minutes à prendre sur la plaque impressionnée du sol, les marques appliqués des ombres qui coulissent comme du métal chaud sur la rue. Trente photographies semblables, de corps différents : de corps semblables en ombres portées : trente photographies différentes mais du même angle.

On peut voir le temps passé à la lumière écroulée imperceptiblement entre chaque pose - écroulement que je mesure, poids que je sous-pèse : hauteur que je voudrais apprécier ; et qui se dérobe, puisque entre, c'est entre que la lumière passe.

3 commentaires:

brigetoun a dit…

superbe - quoi ? tout

Prax a dit…

pertes, malentendus, ..., parfois aussi les ombres des mains se croisent avant que les mains ne se touchent, une ombre d'anticipation.

Arnaud Maïsetti a dit…

@brigetoun : merci encore de la lecture...

@prax : pour le malentendu, c'était une allusion à ce que dit Benjamin Renaud dans http://www.tache-aveugle.net/spip.php?article241
et pour le reste, l'ombre est souvent plus audacieuse que nous, c'est sûr : et bien souvent on ne fait que maladroitement suivre ces mouvements.