5.2.09

lecture par le vide

à chaque f o i s cette impression de vide tout de suite après la lecture, cette impression d'immense fatigue physique alors que c'est immobile et le micro tout près des mots qu'on a juste eu le sentiment de frôler. Mais enfin. Sans doute que ce qu'on joue là, ce n'est pas seulement sa vie puisée en soi, qui ne contient assurément pas tant de vide. C'est peut-être pour cela que j'avais choisi de lire dans le noir, avec seulement dans le dos les images qui défilent. Ce qu'on place au-devant de soi quand on lit, c'est la part de soi qu'on ignore, et c'est uniquement dans le noir qu'on peut la nommer.

(Merci à François Bon pour l'invitation, à Fred Griot pour l'accompagnement, et à la médiathèque Bagnolet pour l'accueil)

3 commentaires:

brigetoun a dit…

l'épuisant n'est-il pas de la donner ?

F a dit…

difficile dire autrement même après trop de f o i s pour les compter... peut-être même qu'elle grandit chaque fois, définitivement entropique, l'impression de vide - reste que pour ceux qui écoutent, c'était le cas à Bagnolet lors de ta lecture, ce qui est donné n'est pas dispersé, les autres l'emportent (j'ai même un bout de vidéo, mais complètement loupé – attendons celle que mettra en ligne l'asso bib 93)

Pierre Ménard a dit…

Cette impression de vide tout de suite après la lecture, c'est une évidence, cette impression d'immense fatigue physique alors que c'est immobile, c'est normal. À l'écoute, assis dans le noir, immobiles nous aussi, dans l'attention de cet intense moment, cette réflexion sur le temps, c'est une pensée qui prend forme sous nos yeux, et le vide que tu as ressenti est proportionnel à cette pensée qui nous emplie progressivement, tout ce qui prend sens à cet instant, qui devient évident, s'éclaire, en pensée, nous envahit.