17.3.09

la mancha

@jérémy liron

Sur la vitre du train, dans le silence plein et régulier des moteurs, passent infiniment, sans qu’il soit possible de les retenir ni de les anticiper, ces fragments arrachés au-dehors qui figurent l’espace du monde autant que sa durée : suite ininterrompue de cadres ; ou pour mieux dire : coulée du monde déroulée à côté de moi, le front appuyé aux cahots des machines. Longue passée sans fin ni début — instants répétés de ce qui n’a ni commencement ni arrêt.

La Mancha, 18 mars
photogrammes : Jérémy Liron ; texte : Arnaud Maïsetti

éd. La nuit Myrtide

4 commentaires:

brigetoun a dit…

ce pays où l'on flotte

lataupe a dit…

Ce pays où l'on sombre?

Arnaud Maïsetti a dit…

ce pays où l'on va -

pop corn a dit…

continuellement qu'on traverse