1.3.09

à la tombée du ciel

Sans penser aux conséquences, on additionne les faits, on considère la suite logique des choses, comme suite, comme logique, comme ligne nécessaire ; et puis, on s'arrête un instant : un moment de distraction reste accroché aux arbres et la soustraction commence. On n'est pas fait pour l'évidence.
Ce qu'on cherche alors : du répit à l'enchaînement sans recours des heures. Trouver sous la lumière lente du soir les indices qui sauront la relever. Demain. Plus tard. Dans les branches, c'est une manière abstraite de recomposer la vie : c'est filtrer chaque seconde et les redonner moins obliques, moins certaines d'elles-même. Quand j'enregistre la tombée d'un ciel arrêté par les arbres, c'est moins (je ne sais pas) pour capter la lumière qu'il reste, que pour mesurer la durée qu'elle met à arriver. Et le temps qui me parvient, (qui s'écrit à l'instant), possède la douleur de ce temps freiné, qui se poursuit tout de même, qui n'arrive pas assez vite, et ne passe pas assez lentement.

3 commentaires:

brigetoun a dit…

douleur fascinante des durées, et de la variation du temps

Arnaud Maïsetti a dit…

douceur lancinante des durées, et de l'immobilisation du temps

Anonyme a dit…

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