21.3.09

légendes


Geste du vainqueur qui répand le sel sur les ruines de la ville soumise, c'est l'image qu'on retrouvait dans les textes latins, et qui frappait plus que le reste : légende fausse sans doute, mais enfin. Idée qu'en empêchant les récoltes futures, c'est à la ville même qu'on interdissait de repousser — et les généraux victorieux passaient eux-mêmes, disent les textes, la charrue le long de la cité défaite. Combien une telle image conserve de vérité et de justesse, on ne saurait le formuler vraiment. On finit par marcher au milieu des sillons comme en soi-même, le rêve qui n'est plus distinct du rêveur. Ces légendes qu'on invente pour rendre le monde plus réel, lui donner forme de la vérité.

3 commentaires:

brigetoun a dit…

le sel peut être remplacé en nos temps civilisés par un peu de chimie ou les petites bombes feu d'artifice qui sèment les pièges

Prax a dit…

Les légendes/histoires qu'on invente, sans fin, sans cesse. On ne fait pas œuvre d'imagination, on enracine simplement.

JR a dit…

la parole comme une loi, où les pensées hostiles n'avaient qu'un seul chemin, qu'on se couchait très tôt l'hiver, on jetait on répandait le sel autour du lieu envouté, une barrière de feu, un silence blanc, on se tenait prêt à défier celui qui avait lancer le sort. ces légendes qu'on invente pour donner un os au réel, le mettre sous ses barreaux.
JR.