16.3.09

moins réelle

Lumière traversée qui tombe sur nous, et à mesure qu'on la regarde, lumière qui fait tomber le jour. Et pourtant, à essayer d'enregistrer ce qui s'écroule, ce qui passe (ou ce qui ralentit), chaque image est plus décevante en regard de ce que je vois : chaque fois que je prends la photo, c'est sa part manquée que je saisis, sa part échouée à mes pieds : et toujours la photo suivante est moins réelle que la précédente, moins vraie : ce qui s'affiche à l'écran, ce ne sont que les chutes du jour qui s'entassent et ne composent rien.

3 commentaires:

Prax a dit…

La photo reste prisonnière de ses deux petites dimensions. Le texte n'a pas de limite.

brigetoun a dit…

la photographie avec mes moyens est traitresse, mais reste toujours la possibilité que son mensonge me soit une découverte, plus vraie ou satisfaisante pour moi que le mensonge de mes yeux.
Le texte - zut cela ne colle pas comme opposition - parceque là encore mes moyens en font une trahison, plus grave, encore moins satisfaisante que ce que je voulais, mes moyens et le soucis du regard des miens

Arnaud Maïsetti a dit…

@prax : profondeur du champ dans laquelle tomber (ou s'enfoncer)

@brigetoun : "Mystérieux travail d’un écart qui s’imprime"(George Didi-Huberman) (en accord)