7.3.09

nouvelles du front


A quoi pensait ce type dans le métro, assis à côté de moi, la trentaine, visage lisse et si propre, vêtements impeccables, commerciale ou ressources humaines, le visage penché sur sa feuille ? A quoi préparait-il sa journée, après-midi réunion de groupe, objectif motivation, souder collaborateurs en prévisions des remous qu'on a soi-même provoqués ? A quoi réfléchissait-il, ce chef d'entreprise (ou apparenté) à mesure qu'il tournait les pages de son papier de plusieurs feuilles agrafées rapidement semble-t-il, plusieurs pages imprimées depuis un site web ? Qu'écrivait-il en même temps, concentré, pénétré, impassible, notes serrées sur calepin de puissant, avec des flèches décidées, des idées qui lui venaient, paragraphe après paragraphe, et le nom de son entreprise sur chaque page, avec parfois un prénom marqué en marge, prénom plus apte qu'un autre pour endosser telle ou telle remarque ? Et quand je reste seul dans le wagon vide, je ramasse une page mal attachée, je lis le titre, et que faire d'autre que de rester prostré avec sa propre colère, son incompréhension muette ? "Les Comportements collectifs incontrôlables : la peur au combat et ses conséquences"

4 commentaires:

brigetoun a dit…

si important, pourtant - imaginez que vous vous trouviez face à une troupe que vous terrorisez

Dominique Paillard a dit…

j'aurais aimé ne pas avoir à ramasser cette page volante, provocante, envahissante
ne pas savoir
ne pas imaginer
ne pas…

Prax a dit…

D'un autre coté, tu ne pouvais pas ne pas ramasser cette page, c'est forcément toi, un lecteur conscient, qui devait la ramasser, la lire et la qualifier.

Arnaud Maïsetti a dit…

@ brigetoun : oui ! il semble donc que les manuels ne manquent pas...

@ dominique paillard : les pages volantes ne nous choisissent pas.

@ prax : les pages volantes nous choisissent.