20.4.09

plongeant le bras


Coulée d'encre — on se replonge au monde. Trois jours de coupure, loin de l'écran, de la ville. Et puis, au retour : l'ordinateur qui s'ouvre comme un livre, et devant soi, la plume qui se retrempe (la sienne, celle des autres) : coulée d'encre brutale, ce matin, le flux de nouveau ouvert, l'écran sur les genoux qui écrit devant soi toutes sortes de lignes. Ce qu'on n'a pas vu, pendant ces trois jours, et qu'on ramène à soi, en plongeant le bras dans la verticalité de la fosse à bitume. On réapprend à lire — et c'est la leçon. Se dire que c'est chaque matin pareil, devant le flux : cette chose qu'on n'ose pas dire, mais qui s'impose : l'idée, effrayante et joyeuse, qu'on réapprend à lire, chaque matin.

(Et qu'alors, écrire est à chaque fois chose nouvelle, non pas dans le mouvement du bras, mais dans la recherche des lettres, celles qui se sont mises à bouger avec les lignes, celles qui ont changé de sens, ou celles qu'on ne reconnaît pas ; celles enfin qui se sont perdues : et toutes celles qui ont surgi)

3 commentaires:

Roseray a dit…

magnifique texte ! et la photo est superbe ! merci à F. Bon de m'avoir fait découvert ton blog sur facebook ! Je reviendrai, quand j'aurai plus de temps à moi...

brigetoun a dit…

et je reviens tant que machine j'ai et j'aurais - dans la redécouverte de la lecture, au moins

Arnaud Maïsetti a dit…

@Roseray et brigetoun : merci du passage, de la lecture...
(photo : de passage à Toulouse - la Garonne, place de la Daurade)