18.5.09

intersections possibles


Quand je note dans ce journal les conjonctions de la lumière et du temps, il y a toujours des intersections manquées, des coupures coupées comme au moment d'éclipse, l'éclat de lumière qui signe la superposition des astres avant l'ombre portée — sens d'un tel journal ces trois années durant ? Se le demander et sans réponse, imaginer les mutations, les transports. Noter au jour le jour ces intersections cependant, tâche qui m'a paru si essentielle. Du temps qu'on éprouve mesuré à celui qui s'écrira : noter un jour perdu — et le perdre dès lors, à la puissance (perdu dans le fond du blog, perdu à l'instant aussi où il s'écrit), négation de l'archive ; et pourtant, ici est la seule trace de ces jours, trace qui les ont produits et évanouis — ces jours qui m'ont fait, jours que je suis. Produire cette archive, quel sens ensuite ? Archiver ces pages, ou les disposer pour moi, en espace de mémoire ? Ou les prolonger, trouver un endroit où continuer ? Chercher un espace où. Des intersections possibles qui sauront mieux dire aujourd'hui ce qui produit ces jours, et effectue la mémoire de cet oubli.

2 commentaires:

Prax a dit…

mémoire morte ou dépôt de matière qui deviendra le carburant pour l'écrit de demain ?

Dominique Paillard a dit…

un espace où rien ne semble se passer, mais où tout est en construction. les mots d'aujourd'hui mutent pour créer la phrase de demain. de ce constant babillage naîtra certainement un début de réponse à la question… chacun la sienne !