14.5.09

Surgissements, nuit


Dans certaines langues, le mot homme ne se dit pas de la même façon selon qu’il fait jour ou nuit – et c’est une telle langue que je cherche, et que je ne trouverai pas, avant que le jour ou la nuit ne m’avale. Mais comment le savoir. Dans ces langues, les mots jour et nuit ne se disent pas de la même façon selon qu’il fait jour ou nuit : moi-même, je ne sais pas comment me nommer dans ces langues. Dans l’alternance du jour et des nuits, je cherche un troisième moment, et c’est l’instant où je pose mes pas, je cherche un troisième lieu, et c’est l’endroit où se pose mes pas.

extrait du texte "surgissements, nuit", que je lirai à "La Nuit de la Poésie" (lectures faites par plus de 50 auteurs de 20h le samedi à 6h le dimanche), organisée par la Biennale des Poètes du Val du Marne, à la Gare au Théâtre, à Vitry. Il s'agit d'une performance_lecture/vidéo, conçue par le collectif persona (vidéo de léa bismuth et jérémie scheidler) - une captation et un enregistrement vidéo sont prévus.


[le texte intégral via mes carnets (notes préparatoires (et chutes du texte) suivront)

5 commentaires:

Marion S. a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Jean Prod'hom a dit…

J'avance somnanbule dans un monde tissé par le va-et-vient du jour et de la nuit, de la nuit et du jour, vêtu des lambeaux de l'histoire, drapeau blanc, qui annoncent mon appartenance à l'espèce mais qui me réchauffent guère.
Il me faut aller tête baissée au devant du brasier, lever la tête qui est dans ma tête, regarder à gauche, regarder à droite, prendre et déposer, comme l'abeille le fait avec la fleur du pommier, cet autre que je suis dans l'autre monde pour ensemencer la page qui peine à accoucher du feu d'artifice dont il est issu.
Le roncier s'est refermé derrière moi. Il me faudra recommencer.

Steph a dit…

Bel extrait (les trois derniers paragraphes de l'ensemble du texte sont mes préférés).
Pourquoi passer au tu après ce paragraphe ?

Prax a dit…

homme jour, homme nuit ? J'aime bien l'idée. Je vais chercher un rebond.

mâncha a dit…

Je serais une lune ouverte hors du temps cosmique, une rondeur pour l'empreinte de ton pas, de ton corps. Un temps autre un espace autre, autre que de l'espace et du temps, de la poussière au souffle sans grain, seul un souffle pour toi. Je déplierai une langue de vent pour que tu puisses naître dans une autre langue. Je te donnerai un nom arraché aux planètes, loin du jour et de la nuit, un nom ouvert à tes infinies métamorphoses.