12.6.09

Le Journal | Contretemps se poursuit désormais sur les Carnets (en parallèle avec lectures, fictions, notes, photographies) :

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« Où maintenant ? Quand maintenant ? Qui maintenant ? Sans me le demander. Dire je. Sans le penser. Appeler ça des questions, des hypothèses. Aller de l'avant, appeler ça aller, appeler ça de l'avant. Se peut-il qu'un jour, premier pas va, j'y sois simplement resté, où, au lieu de sortir, selon une vieille habitude, passer jour et nuit aussi loin que possible de chez moi, ce n'était pas loin.»
S. Beckett, L'innommable.

clôture


Porte qu'on referme derrière soi, sur une pièce sans lumière et sans recoin, angles fuyants qu'à force d'arpenter on a redessinée, dans le rêve et le désir d'une ville déroulée sous le pas — et la porte qu'on ouvre sur une autre pièce, incertain de ce qu'on va trouver, sensible seulement aux bruits qu'au loin on peut percevoir, emplis de territoires qu'en soi on porte, prêt à endosser sur des kilomètres imaginés en heures, en pleins et déliés de l'écriture ; geste qui dit la fermeture, qui est aussi son ouverture ; geste qui dit encore, je suis encore.

8.6.09

trainée d'éclipses

Laisser passer plusieurs jours, ici ; et pour la première fois depuis trois ans (depuis toujours), attendre une semaine, même un peu plus, avant de repasser battre le contretemps, là.

Blocs de poussière dans la bouche, ce ne sont pas les mots qui manquent, mais simplement : attendre, avec le désir, de se réapproprier le lieu quand il aura pris son autonomie. Une semaine passe, et ce sont comme des mois — rythme étrange de cette habitude prise, quand c'est elle qui finit par me prendre, trois ans après.

C'est aussi que se prépare le transfèrement de ces pages vers autre part — et l'angoisse peut-être que se perdra quelque chose : et pourtant, nécessité, pas seulement pratique, de cette déterritorialisation ; besoin de reconquérir un autre territoire pour noter l'avancée des jours, sans doute.

Laisser quelques jours ici battre dans le vide et le silence déposés depuis, trainée de jours éclipsés par le suivant, et le jour suivant qui vient, seul, sans que je prenne la peine de le nommer ou de l'appeler : c'est étrange combien cela m'étonne, me fait violence.