8.6.09

trainée d'éclipses

Laisser passer plusieurs jours, ici ; et pour la première fois depuis trois ans (depuis toujours), attendre une semaine, même un peu plus, avant de repasser battre le contretemps, là.

Blocs de poussière dans la bouche, ce ne sont pas les mots qui manquent, mais simplement : attendre, avec le désir, de se réapproprier le lieu quand il aura pris son autonomie. Une semaine passe, et ce sont comme des mois — rythme étrange de cette habitude prise, quand c'est elle qui finit par me prendre, trois ans après.

C'est aussi que se prépare le transfèrement de ces pages vers autre part — et l'angoisse peut-être que se perdra quelque chose : et pourtant, nécessité, pas seulement pratique, de cette déterritorialisation ; besoin de reconquérir un autre territoire pour noter l'avancée des jours, sans doute.

Laisser quelques jours ici battre dans le vide et le silence déposés depuis, trainée de jours éclipsés par le suivant, et le jour suivant qui vient, seul, sans que je prenne la peine de le nommer ou de l'appeler : c'est étrange combien cela m'étonne, me fait violence.

3 commentaires:

F a dit…

et des mots-clés, eh eh eh, et des mots-clés...

Prax a dit…

La violence d'un abandon ? Bai, il y a de cela,

perchet a dit…

J'ai admiré votre travail semblable au notre

Pouvons-nous envisager un échange de liens ?

André

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